Festivals 2020 : stop ou encore ?

Dans deux mois, les grandes messes musicales devraient débuter. Devraient... car les autorités fédérales n'ont toujours pas décidé si oui ou non les festivals auront lieu ou pas. Ce mercredi 15 avril, le conseil national de sécurité va enfin se pencher et prendre les décisions en tenant compte de l'actualité liée au Covid-19 dans notre pays mais aussi dans le monde. Nous sommes donc en attente de...

N'empêche, le Graspop est censé débuter le 18 juin, Werchter Boutique est programmé le 20, TW classic le 21. Le weekend suivant place à Couleur Café, ensuite Rock Werchter, puis les Ardentes sur leur nouveau site ainsi que Cactus Bruges, par après Gent Jazz, Doour Festival, Francofolies de Spa, Tomorrowland... En cinq weekend, difficile de ne pas trouver son bonheur !

Un bonheur qui risque de se passer chez vous confinés à passer en boucles les cd et fichiers MP3 de vos artistes préférés. En effet, le ministre de l'intérieur a martelé que des événements d'ampleur mondiale(et il cite Tomorrowland et Rock Werchter) ne pourraient être organisés cette année en raison de la crise du Coronavirus. 

Alors que décider ce mercredi 13 avril ?

Reporter la décision, c'est se mettre un monde fou à dos et ne pas prendre ses responsabilités.

Tout annuler jusqu'au 15 septembre. Oui mais annuler quoi ? Les festivals qui attirent plus de 10.000 personnes par jour ? Les festivals qui attirent beaucoup d'étrangers et donc risque de diffusion ?...

Annuler jusqu'au 21 juillet et puis on verra...

En France, le plus grand festival, le Hell Fest a été annulé suite à une décision de la préfecture de Loire-Atlantique et du Ministère de la Culture. Il n'y aura pas de HellFest en 2020 mais bien les 18, 19 et 20 juin 2021. Le Hell Fest 2020 c'était entre autres Deftones, Opeth, Volbeat, Faith No More, Deep Purple, Airbourne, System of a Down, Judas Priest... une affiche très proche du Graspop !

Comme tout festival, le Hell Fest avait souscrit pour 175.000 euros une assurance en cas d'annulation... mais voilà, la société d'assurances prétexte que ce "type" de pandémie ne rentrait pas dans les termes de la police d'assurance. Du côté de Clisson, c'est bien évidemment l'émeute en vue !

Côté belge, cela s'agite aussi. "Le circuit live Belge" s'inquiète pour logiquement. Le porte-parole de ce groupe Serge Platel lance d'ailleurs un cri d'alarme. Dans ce groupe "Circuit Live Belge" on retrouve TOUS les festivals, TOUTES les salles de concerts, TOUS les organisateurs d'événements, TOUS les bookers et managers d'artistes...

Dans le communiqué du groupe, il est d'abord insisté sur le fait que "l'impact économique de la crise sur le circuit live belge est déjà très important et les annulations possibles en vue des festivals d'été auront des conséquences désastreuses pour le secteur de la musique. Rien que concernant la vente de billets, les dégâts se chiffrent à des centaines de millions. Les artistes et leurs managements voient leurs revenus disparaître. Ajoutez à cela les dégâts pour l'entourage complexe de fournisseurs (constructeurs de scènes, sociétés de son et lumière...), d'indépendants et freelances, de firmes de catering... connectés au secteur de la musique et la somme totale s'élève au-dessus du milliard !"

Fort logiquement, "le circuit live et par extension l'ensemble du secteur de la musique comprend évidemment parfaitement que toutes les mesures prises sont nécessaires pour lutter contre la propagation du virus" mais il ne cache pas une inquiétude grandissante. "Maintenant que le destin des festivals d'été e'st en jeu, la crainte d'aboutir à un énorme chaos économique et social grandit".

Le secteur live appelle donc au dialogue. "Les clubs de musique et les salles de concerts ont fermé leurs portes avant le début du confinement. De plus, il y a de fortes chances que notre industrie soit en dernière ligne pour reprendre ses activités habituelles. Un autre facteur incertain est également la question de savoir quand le public sera prêt à retourner aux concerts. En tous cas, l'impact se fera sentir à long terme".

Et le groupe de plaider pour "relancer le secteur, nous voulons aussi pouvoir nous asseoir à la table des spécialistes pour en parler. Nous sommes un secteur créatif, habitué à trouver des solutions créatives à des problèmes complexes. Nous offrons notre expertise pour développer des solutions viables en collaboration avec les politiciens et les scientifiques".

Et de conclure par "Nous sommes convaincus que la musique en général, et la musique live en particulier, seront indispensables pour retrouver une "vie normale". Réfléchissons ensemble à la manière d'organiser étape par étape le retour à la vie normale du secteur, en faisant attention à la sécurité et à la santé du public, mais aussi en tenant compte de la situation particulièrement vulnérable de nombreux acteurs dans ce secteur".

Les grands rendez-vous débutent dans deux mois, l'appel sera-t-il entendu ?

 

 

 

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